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Paiement en Afrique : un système de banque intermédiaire qui coûte des milliards par an et un frein pour l’économie de tout un continent

Chaque année, l’Afrique perd près de 5 milliards de dollars dans un système bancaire que peu de citoyens voient… mais que tout le monde subit.

Benin I-Tech
3 Min de lecture

Derrière les applications modernes et la montée des fintechs, une réalité persiste :
le continent ne contrôle toujours pas pleinement ses propres flux financiers.

Le piège invisible des banques correspondantes

Pour envoyer de l’argent à l’international et parfois même entre deux pays africains les banques locales doivent passer par des intermédiaires étrangers.
Ce système, appelé correspondent banking, fonctionne via des comptes dits “nostro” logés dans des banques en Europe ou aux États-Unis.

Résultat : Plusieurs intermédiaires se positionnent sur une seule transaction avec des frais cumulés à chaque étape
des délais rallongés et une dépendance aux devises étrangères

Dans certains cas, un paiement entre deux pays africains transite par l’Europe avant d’arriver à destination.

Un frein majeur au développement économique du continent

Ce modèle a des conséquences lourdes :

– le commerce intra-africain est ralenti
– les PME paient plus cher pour importer ou exporter
– les transferts restent inaccessibles pour une grande partie de la population

Aujourd’hui encore , près de 90 % des transactions en Afrique se font en espèces. Un chiffre qui montre à quel point le système financier reste fragmenté et inefficace.

Paiements ouverts : une alternative qui change la donne

Face à ces limites, une nouvelle approche émerge : les paiements ouverts (open payments). Contrairement au système traditionnel, ils permettent :

– des transferts directs
– des transactions en quelques secondes
– des coûts fortement réduits

En s’appuyant sur des infrastructures modernes notamment celles de réseaux globaux comme Visa ou Mastercard ces solutions contournent les circuits bancaires classiques.

L’objectif étant de rendre les paiements plus rapides, moins chers et accessibles à tous.

Fintechs : les nouveaux architectes du système

Cette transformation est portée par une nouvelle génération d’acteurs :

  • Flutterwave
  • Chipper Cash
  • Pan-African Payment and Settlement System

ou encore TillPaid qui ont pour ambition de connecter les économies africaines entre elles, sans passer par des circuits étrangers.

En parallèle, des initiatives comme la AfCFTA accélèrent cette dynamique en favorisant les échanges intra-africains.

Une transition encore progressive

Mais malgré ces avancées, la réalité reste nuancée :

– les systèmes financiers restent fragmentés
– les régulations varient fortement d’un pays à l’autre
– les banques traditionnelles gardent une position dominante

Et surtout, les paiements internationaux dépendent encore largement des banques correspondantes. Ceci dit, la révolution est en cours, mais le vieux système tient la dragée haute.

Un enjeu stratégique pour le continent

L’adoption massive des paiements ouverts pourrait économiser des milliards chaque année, accélérer le commerce intra-africain et intégrer des millions de non-bancarisés mais cela nécessite une volonté politique forte,
une harmonisation des régulations et
une collaboration entre banques et fintechs

 

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