Plus d’un milliard de francs CFA auraient été détournés à travers des retraits frauduleux coordonnés, révélant une nouvelle fois la vulnérabilité des systèmes bancaires face au cybercrime en Afrique.
Une attaque coordonnée à l’échelle continentale
Selon les informations disponibles, les opérations frauduleuses ont été détectées dans une dizaine de pays, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso ou encore le Kenya.
Au cœur de l’attaque, un mode opératoire particulièrement structuré : des retraits multiples effectués dans des guichets automatiques (GAB), parfois en simultané, laissant peu de temps aux systèmes de sécurité pour réagir.
Au Sénégal, l’épicentre de la fraude, le préjudice dépasse 1,143 milliard de FCFA, réparti sur plusieurs milliers de transactions illicites.
L’enquête, pilotée par la Division des investigations criminelles (DIC), a permis de procéder à une première vague d’arrestations. Quatre suspects ont été interpellés alors qu’ils tentaient de fuir le territoire. Parmi eux figure Alioune Thiam, identifié comme le gérant de la société « Easy Go Teranga », arrêté dès son retour au pays avec un complice.
Un autre suspect clé, H. T. Diallo, a été appréhendé au poste frontalier de Keur Ayib. Se présentant comme un commerçant basé à Kaolack, il est propriétaire de deux sociétés dont les cartes bancaires UBA ont servi à effectuer de multiples retraits, principalement dans la ville de Thiès. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour remonter jusqu’aux cerveaux de ce réseau interstructurée
Un réseau de fraudeurs de plus en plus structurée
Cette affaire confirme aussi une tendance inquiétante : la montée en puissance de réseaux criminels transnationaux spécialisés dans la fraude bancaire.Ces groupes exploitent désormais :
– La synchronisation des systèmes bancaires africains
– Les failles dans les terminaux de paiement et GAB
– Et les différences de régulation entre pays
Une sophistication qui dépasse parfois les capacités de réaction des institutions financières locales.
Un signal d’alarme pour tout le secteur
Au-delà du cas UBA, cette fraude pose une question centrale :
les banques africaines sont-elles prêtes à affronter une cybercriminalité désormais industrielle et transfrontalière ?
Car si les montants volés restent impressionnants, le véritable enjeu est ailleurs : la confiance dans les systèmes financiers numériques du continent.



