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Deux milliardaires de la Silicon Valley lèvent 200 millions pour créer des chiens de guerre génétiquement modifiés

Des chiens clonés, des gènes retouchés, des gilets pare-balles connectés pour des bêtes de guerre : aux États-Unis, deux entrepreneurs de la tech veulent révolutionner les unités cynophiles de l'armée. Une histoire qui ressemble à de la science-fiction, sauf que le projet est déjà lancé.

Benin iTech
11 Min de lecture

Des soldats augmentés bardés de capteurs assistés par IA, des machines autonomes dans les airs, sous l’eau et sur terre capables de tuer sans intervention humaine, des fantasmes de transhumanisme où l’humain fusionne avec la technologie… La guerre du futur ressemble de plus en plus à de la science-fiction et ses innovations ne sont pas pour demain, mais pour aujourd’hui.

Aux États-Unis, deux milliardaires de la tech veulent cloner les meilleurs chiens militaires, les modifier génétiquement pour les rendre plus résistants et les équiper de protections high-tech connectées aux systèmes de combat.

C’est le projet de Warhound, une start-up délirante issue de l’imagination inquiétante de deux figures de la Silicon Valley : Ben Lamm, le patron de Colossal Biosciences, et Palmer Luckey, le fondateur d’Anduril, spécialiste des technologies militaires autonomes.

Chienne de guerre

Le premier, Ben Lamm, s’est fait connaître pour avoir ramené à la vie le loup géant, un prédateur éteint depuis 10 000 ans. Le second, Palmer Luckey, est passé de la réalité virtuelle, avec la création d’Oculus VR, à l’industrie de défense avec Anduril. Comme quoi, un look de geek avec une coupe mulet et des chemises hawaïennes peut cohabiter avec la martialité et le côté anxiogène des armes autonomes ainsi que les technologies militaires dopées à l’intelligence artificielle.

Tous les deux viennent de lever 200 millions de dollars pour lancer ce projet de chien de guerre. Mais il faut dire que Warhound répond à un besoin réel du corps cynophile (K-9 Corps) de l’armée américaine. Les chiens proviennent pratiquement tous d’Europe et leur coût explose ces dernières années. Au phénomène, il faut ajouter un autre souci de taille pour l’armée : à la fin de leur formation de trois ans, seul un chien sur deux est finalement opérationnel militairement parlant. C’est pour cette raison que Warhound compte sélectionner les meilleurs éléments ayant achevé leur entraînement pour constituer une « biobanque » et les cloner.

L’entreprise a ensuite pour projet d’affiner les modifications génétiques pour rendre les animaux plus performants. Dans leur esprit, cela fonctionnera à l’image d’un système d’exploitation ou d’un smartphone : il s’agira de réaliser des mises à jour permettant d’améliorer et de corriger les versions futures.

Mais dans un premier temps, l’objectif primaire de la firme consistera à éliminer les variants génétiques liés à la dégénérescence musculaire et d’autres maladies héréditaires. Ce processus d’eugénisme est déjà en route, puisque Warhound affirme qu’un premier groupe de chiens fait déjà l’objet de modifications biologiques. La firme compte aller vite en livrant d’ici deux ans ses premiers chiens modifiés génétiquement.

Deux milliardaires de la Silicon Valley lèvent 200 millions pour créer des chiens de guerre génétiquement modifiés

Tags associés :techGuerre du futurChien

Article rédigépar Sylvain Biget

Journaliste, télépilote professionnel de drones et réalisateur de documentaires

relu par Suzanne Lapauze

Secrétaire de rédaction

Temps de lecture :4 min.
Publié le 23 octobre 2026 à 15:21
Le chien ne sera pas un cyborg, mais le clone de l’élite des chiens militaires avec des modifications génétiques. © Wahround

Le chien ne sera pas un cyborg, mais le clone de l’élite des chiens militaires avec des modifications génétiques. © Wahround

Des chiens clonés, des gènes retouchés, des gilets pare-balles connectés pour des bêtes de guerre : aux États-Unis, deux entrepreneurs de la tech veulent révolutionner les unités cynophiles de l’armée. Une histoire qui ressemble à de la science-fiction, sauf que le projet est déjà lancé.

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C’est le projet de Warhound, une start-up délirante issue de l’imagination inquiétante de deux figures de la Silicon Valley : Ben Lamm, le patron de Colossal Biosciences, et Palmer Luckey, le fondateur d’Anduril, spécialiste des technologies militaires autonomes.

Chienne de guerre

Le premier, Ben Lamm, s’est fait connaître pour avoir ramené à la vie le loup géant, un prédateur éteint depuis 10 000 ans. Le second, Palmer Luckey, est passé de la réalité virtuelle, avec la création d’Oculus VR, à l’industrie de défense avec Anduril. Comme quoi, un look de geek avec une coupe mulet et des chemises hawaïennes peut cohabiter avec la martialité et le côté anxiogène des armes autonomes ainsi que les technologies militaires dopées à l’intelligence artificielle.

Tous les deux viennent de lever 200 millions de dollars pour lancer ce projet de chien de guerre. Mais il faut dire que Warhound répond à un besoin réel du corps cynophile (K-9 Corps) de l’armée américaine. Les chiens proviennent pratiquement tous d’Europe et leur coût explose ces dernières années. Au phénomène, il faut ajouter un autre souci de taille pour l’armée : à la fin de leur formation de trois ans, seul un chien sur deux est finalement opérationnel militairement parlant. C’est pour cette raison que Warhound compte sélectionner les meilleurs éléments ayant achevé leur entraînement pour constituer une « biobanque » et les cloner.

L’entreprise a ensuite pour projet d’affiner les modifications génétiques pour rendre les animaux plus performants. Dans leur esprit, cela fonctionnera à l’image d’un système d’exploitation ou d’un smartphone : il s’agira de réaliser des mises à jour permettant d’améliorer et de corriger les versions futures.

Les chiens de Warhound ne seront pas des cyborgs ou des robots quadripèdes. Ils seront modifiés génétiquement, dressés, entraînés et équipés pour devenir des machines de guerre. © K-9 Corp

Mais dans un premier temps, l’objectif primaire de la firme consistera à éliminer les variants génétiques liés à la dégénérescence musculaire et d’autres maladies héréditaires. Ce processus d’eugénisme est déjà en route, puisque Warhound affirme qu’un premier groupe de chiens fait déjà l’objet de modifications biologiques. La firme compte aller vite en livrant d’ici deux ans ses premiers chiens modifiés génétiquement.

Vers un chien cyborg ?

Du côté d’Anduril, l’apport reposera sur les équipements, notamment les plaques de protection balistiques (gilet pare-balles), les protections oculaires et auditives ou encore l’intégration d’un système appelé Eagle Eye. Il permet de synchroniser les informations et les actions du chien du maître et de systèmes autonomes (capteurs, drones, robots…). Reste tout de même à signer un contrat avec le client ciblé par Warhound : l’US Army.

Pour le moment, rien n’est fait, mais la firme a déjà l’idée d’une formule commerciale séduisante pour les militaires. Plutôt que d’acheter des animaux individuellement, le gouvernement pourrait souscrire à un service lui garantissant un approvisionnement régulier en chiens formés et prêts à être déployés. Ce modèle s’inspire de celui des contrats pour les logiciels du Pentagone. Au lieu d’acheter un produit, l’armée paierait une sorte de licence pour disposer d’une capacité dans la durée.

Le meilleur ami augmenté de l’Homme

Malgré son côté spectaculaire, intrigant et inquiétant, le projet de Warhound n’est pas vraiment inédit. Le clonage de chiens policiers existe déjà. La Corée du Sud et la Chine ont notamment expérimenté cette approche. Sauf que ces expérimentations provenaient essentiellement des labos des États et parfois dans le plus grand secret.

Cette fois, c’est le secteur privé qui s’en charge et en toute transparence réalise cette annonce en fanfare. Le truculent patron d’Anduril, Palmer Luckey, a même résumé son ambition avec une formule qui pourrait servir de slogan à un film de science-fiction : « Le meilleur ami de l’Homme mérite la meilleure technologie de l’Homme. »

Puisqu’un chien est maintenant envisagé comme un patrimoine génétique à conserver, un organisme à optimiser et une capacité opérationnelle à fournir sur abonnement, la prochaine étape sera sans doute celle de son meilleur ami !

VIA:FUTURA SCIENCES
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