La Haute autorité de la communication (HAC) du Gabon a annoncé, le samedi 24 octobre, la levée de la suspension des réseaux sociaux, décidée le 17 février. Dans son communiqué rapporté par l’Agence gabonaise de presse (AGP), le régulateur justifie cette décision par la mise en place d’un arsenal juridique encadrant l’usage des plateformes numériques et par le développement d’une collaboration avec TikTok, Meta et YouTube.
Les protocoles conclus avec ces entreprises sont opérationnels et donnent à la HAC accès à leurs outils de signalement pour notifier les contenus qu’elle considère comme illicites. Des délégations de TikTok et de Meta sont attendues à Libreville pour approfondir cette collaboration. Le régulateur entend ainsi disposer de canaux d’échange directs avec les plateformes, qui assurent elles-mêmes une partie de la détection et du retrait des publications contraires à leurs règles ou à la législation applicable.
Des obligations renforcées pour les plateformes
Cette coopération est prévue par l’ordonnance n° 0011/PR/2026 du 26 février 2026, portant réglementation de l’usage des réseaux sociaux via les plateformes numériques au Gabon. Son article 35 prévoit un dialogue permanent entre la HAC et les éditeurs et hébergeurs de plateformes en vue d’établir une coopération numérique. Le texte prévoit également un mécanisme de signalement : lorsqu’un utilisateur signale un contenu illicite, la plateforme dispose d’un délai maximal de 24 heures pour le retirer. En cas de refus ou d’inaction, la personne concernée peut saisir la HAC ou les juridictions compétentes.
L’ordonnance impose aussi de nouvelles obligations techniques aux plateformes. Dans les douze mois suivant sa publication, celles-ci doivent notamment mettre en place des mécanismes de vérification de l’âge lors des nouvelles inscriptions et des outils de détection des contenus générés par intelligence artificielle. Elles sont également tenues d’apposer un marquage visible sur les contenus identifiés comme générés ou substantiellement modifiés par l’IA.
Il faut noter qu’en juillet 2026, le gouvernement gabonais avait déjà engagé des discussions avec TikTok à Genève sur la modération des contenus et l’application des nouvelles règles encadrant les plateformes numériques. À cette occasion, TikTok avait déclaré avoir supprimé 23 504 contenus sensibles au premier trimestre 2026, dont 13 930 liés à la sécurité et au bien-être des mineurs. La plateforme avait également affirmé que 97,2 % des contenus en infraction avaient été retirés en moins de 48 heures.





